Et si notre plus grande liberté n’était pas de choisir… mais de nous souvenir ?
Une question ancienne, toujours vivante
Il y a des sujets qui traversent l’humanité depuis toujours, des questions immenses, presque vertigineuses, auxquelles aucune réponse définitive ne semble pouvoir être donnée. Le libre arbitre fait partie de celles-là. Sommes-nous réellement libres ou avons-nous simplement l’illusion de l’être ? Pendant longtemps, beaucoup ont défendu l’idée que l’être humain choisissait totalement sa vie, ses actes, ses décisions, comme s’il était le créateur absolu de sa réalité. Pourtant, plus j’avance dans mon chemin, dans les accompagnements, dans les séances de régression, dans l’observation profonde de l’humain, plus cette vision me semble incomplète.
Sommes-nous vraiment libres lorsque nous sommes encore gouvernés de l’intérieur ?
Car honnêtement… comment parler de liberté lorsque nous sommes encore traversés par nos blessures, nos peurs, notre histoire familiale, nos mémoires inconscientes ou karmiques, mais aussi par tout ce qui nous influence sans que nous puissions toujours le voir, y compris sur le plan énergétique ? Comment parler de “choix” lorsqu’une personne reproduit encore et encore les mêmes schémas relationnels, les mêmes sabotages, les mêmes douleurs, parfois malgré toute sa bonne volonté ? Est-ce réellement du libre arbitre… ou simplement un programme intérieur qui se rejoue à travers nous ?
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Nous vivons ce que nous portons
Même si cela peut déranger certaines visions plus rationnelles, je crois que l’âme choisit avant l’incarnation certaines grandes lignes de son expérience terrestre. Non pas dans une logique de punition, mais dans une logique d’évolution, d’expérimentation, de compréhension et d’expansion de conscience. À travers de nombreuses séances de régression, j’ai vu émerger des éléments troublants : des personnes décrivant des dynamiques familiales, émotionnelles ou symboliques qui semblaient avoir été “préparées” bien avant leur naissance, comme si certaines rencontres, certaines blessures, certains défis faisaient partie d’un parcours beaucoup plus vaste que ce que notre personnalité humaine peut comprendre. C’est évidemment un sujet très riche, qui mériterait d’être développé à lui seul.
Où commence le choix une fois incarnés ?
Alors évidemment, cela ouvre une immense question : si nous avons choisi certaines expériences avant de venir ici, où commence réellement le libre arbitre une fois incarnés ? Dans cette vision de l’existence, nous choisissons nos parents, notre génétique, notre environnement de naissance, mais ce “nous” n’est pas l’humain qui vient tout juste de naître. C’est une conscience plus vaste, une conscience d’avant l’incarnation, une part de l’âme capable de percevoir le chemin depuis un autre plan.
Une fois incarnés, nous avons souvent l’impression inverse. Nous pensons ne pas avoir choisi les premières programmations émotionnelles qui vont façonner notre système nerveux, notre manière d’aimer, de nous défendre, de survivre. Et, du point de vue de la personnalité humaine, c’est vrai : l’enfant ne choisit pas consciemment son histoire, ses parents, son cadre de naissance ni les blessures qu’il rencontrera. Mais si l’on regarde depuis le plan de l’âme, alors la question se déplace : le libre arbitre aurait peut-être agi avant, dans le choix d’incarnation lui-même, et non depuis l’humain naissant.
Cela modifie profondément notre compréhension du libre arbitre. Même lorsque nous croyons choisir, une fois adultes, sommes-nous certains que ce soit véritablement nous qui choisissons ? Ou est-ce une peur, une blessure, une mémoire familiale, un mécanisme de protection, un mouvement karmique ? Le mystère se situe peut-être précisément là : entre ce que l’âme aurait choisi avant de venir, et ce que l’humain incarné tente ensuite de traverser, de comprendre et, peu à peu, de conscientiser.
Quand les neurosciences troublent aussi la notion de libre arbitre
Même les neurosciences viennent aujourd’hui troubler la notion classique du libre arbitre. Des chercheurs comme Benjamin Libet ont montré que certaines décisions cérébrales semblaient être prises avant même que nous ayons consciemment l’impression de choisir, comme si la conscience arrivait parfois après le mouvement intérieur. De leur côté, des penseurs comme Carl Gustav Jung parlaient déjà de l’immense influence de l’inconscient sur nos vies : « Tant que vous ne rendrez pas l’inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous appellerez cela le destin. » Et peut-être que tout est là. Peut-être que la majorité des êtres humains ne vivent pas réellement en libre arbitre, mais en pilotage automatique inconscient.
Une autre forme de liberté
Pourtant, je ne crois pas non plus à une vision totalement fataliste. Je ne crois pas que nous soyons condamnés à subir mécaniquement notre existence. Je crois qu’il existe une autre forme de liberté, plus subtile, plus intérieure, plus spirituelle aussi. Peut-être que le véritable libre arbitre n’est pas de choisir les événements, mais la manière dont nous allons les traverser. Peut-être qu’il apparaît lorsque nous devenons conscients de ce qui agit en nous, lorsque nous cessons peu à peu d’être entièrement dirigés par nos automatismes. Car tant qu’une peur dirige notre vie, sommes-nous libres ? Tant qu’un trauma décide à notre place, sommes-nous libres ? Tant qu’un besoin affectif nous pousse à accepter l’inacceptable, sommes-nous libres ? Et dans un monde si chargé d’illusions, où nous n’avons pas accès à toutes les vérités, comment parler d’un libre arbitre pleinement réel si nous ne savons même pas toujours ce qui est réel ou non ?
Le mystère du réveil intérieur
Et pourtant, même là, une autre question apparaît immédiatement : le fait même de commencer ce travail intérieur faisait-il déjà partie du chemin prévu avant l’incarnation ? Avions-nous “choisi” de nous réveiller un jour ? De traverser cette phase de conscience ? D’apprendre à nous souvenir de qui nous sommes réellement ? Et là encore, le mystère revient.
Apprendre à écouter plutôt qu’à contrôler
Il existe aussi une autre vision, encore plus déroutante, mais profondément libératrice. Et si le vrai Libre arbitre naissait justement lorsque nous cessons de vouloir tout contrôler ? Lorsque nous arrêtons de lutter contre le mouvement de la vie ? Lorsque nous comprenons que nous ne sommes peut-être pas là pour tout maîtriser, mais pour apprendre à écouter ? Écouter cette petite voix intérieure, cette intuition calme, cette guidance discrète, cette sensation profonde qui sait avant le mental.
Obéir à soi-même
Certaines personnes détestent le mot “obéir”, parce qu’il évoque immédiatement la soumission extérieure, la domination ou la perte de liberté. Pourtant ici, il ne s’agit pas d’obéir à une autorité extérieure. Il s’agit d’obéir à quelque chose de beaucoup plus intime : à soi-même, à son cœur, à cette part de nous qui semble savoir. Et paradoxalement, plus nous allons dans cette écoute profonde, plus la notion classique du libre arbitre semble disparaître, car nous ne “choisissons” plus vraiment au sens mental du terme. Nous nous laissons traverser. Nous avançons avec ce qui appelle, avec ce qui résonne, avec ce qui sonne juste intérieurement, comme si la vie devenait moins une stratégie et davantage une danse.
Le paradoxe magnifique de l’obéissance intérieure
Et c’est là qu’apparaît un paradoxe magnifique. Obéir à cette guidance intérieure ne nous enferme pas : au contraire, cela nous libère. Cette écoute s’apprend, se précise, s’affine au fur et à mesure du chemin. Peu à peu, nous apprenons à distinguer ce qui vient du mental de ce qui vient d’un endroit plus profond, plus calme, plus juste en nous. Et lorsque cette voix devient plus claire, il ne s’agit plus de chercher à éviter certaines expériences ou d’en provoquer d’autres par désir, volonté ou contrôle. Il s’agit de suivre la vie. Même lorsqu’elle nous conduit vers une expérience plus complexe, plus inconfortable, peut-être même plus bouleversante, nous pouvons commencer à l’accueillir autrement, parce que quelque chose en nous sait que cette traversée participe aussi au chemin.
Consentir à ce que l’être profond sait déjà
Alors il n’y a plus véritablement d’erreur. Il y a une voie intérieure qui se déroule, une confiance qui grandit, une acceptation plus profonde de ce qui est. Et peut-être que le libre arbitre commence précisément là : non pas dans le fait de vouloir tout choisir depuis le mental, la peur, ni même dans l’utilisation de la loi d’attraction pour obtenir ce que notre désir réclame, mais dans la capacité à consentir librement à ce que notre être profond sait déjà. Plus nous laissons couler la vie, plus une paix nouvelle peut apparaître. Une forme de vacances intérieures où nous n’avons plus de réelles demandes. Non pas parce que tout devient facile, mais parce que nous cessons de nous débattre contre le mouvement même de notre existence.
Alors finalement, le libre arbitre existe-t-il ?
Alors finalement… le libre arbitre existe-t-il vraiment ? Ou sommes-nous simplement en train de nous réveiller progressivement à quelque chose de plus vaste que notre personnalité humaine ? Sommes-nous les auteurs de notre vie ou les explorateurs d’un scénario d’évolution que l’âme aurait accepté bien avant notre naissance ? Et si la véritable liberté n’était pas de “faire ce que l’on veut”, mais de devenir suffisamment conscients pour ne plus être gouvernés par nos automatismes inconscients ?
La liberté comme présence
Peut-être qu’au fond, la vraie liberté n’est pas dans le contrôle absolu ni le choix mais dans la conscience, dans la présence, dans cette capacité à voir plus clairement ce qui agit en nous. Et peut-être aussi dans cette confiance étrange, presque sacrée, qui apparaît lorsque nous cessons enfin de lutter contre ce que la vie tente de nous apprendre ou de choisir notre chemin.
L’instant du choix intérieur
Et si le libre arbitre se jouait aussi dans cet instant précis où nous sentons la voix intérieure : allons-nous l’écouter, malgré la peur qu’elle peut réveiller, ou allons-nous faire la tête de mule parce qu’elle ne correspond pas au désir du mental ? Peut-être que tout se trouve là, dans cet espace extrêmement subtil entre la résistance et l’abandon conscient à ce que la vie cherche à nous faire traverser.
Libre arbitre, pouvoir créateur et conscience
Libre arbitre… oui, je crois profondément que nous possédons un pouvoir créateur immense. Je crois sincèrement que la conscience humaine a une influence réelle sur notre existence, sur notre manière de traverser la vie, sur notre capacité à transformer certains schémas, à ouvrir des possibles, à modifier parfois même profondément notre trajectoire intérieure. De nombreuses approches, qu’elles soient spirituelles, psychologiques ou même neuroscientifiques, montrent que le cerveau possède une forme de plasticité remarquable et que l’être humain n’est pas condamné à rester figé dans ses conditionnements initiaux. Les résultats de mes séances racontent cela tous les jours.
Une puissance créatrice différente du contrôle
Mais peut-être que cette puissance créatrice n’est pas exactement celle que le mental imagine lorsqu’il cherche à contrôler la vie ou à obtenir absolument ce qu’il désire. Peut-être qu’elle réside davantage dans notre manière de nous aligner intérieurement avec ce qui est profondément juste pour nous, dans notre capacité à devenir présents, à écouter cette intelligence plus vaste qui semble parfois nous traverser. Notre liberté, notre libre arbitre commence peut-être précisément là : dans cet espace subtil entre l’impulsion inconsciente et la conscience qui observe, ressent, respire, puis choisit finalement ce qu’elle nourrit. Ce n’est plus un pouvoir de contrôle sur la vie, mais un pouvoir de présence au cœur même de ce que la vie nous propose.
Une expérience à vivre plus qu’une réponse à posséder
Et au fond… peut-être que le libre arbitre n’est ni totalement une illusion, ni totalement absolu. Peut-être qu’il est un dialogue permanent entre ce que nous portons déjà, ce que la vie nous propose, et la manière dont nous acceptons d’y répondre intérieurement.
Quelle question passionnante… et surtout, quelle expérience profondément vivante à explorer en soi plutôt qu’à simplement comprendre avec le mental.
Mon point de vue actuel sur ce vaste sujet, avec toutes les nuances, les expériences et les questionnements qu’il soulève en moi aujourd’hui, je vous le partagerai plus profondément lors d’une prochaine Ré-Union dans Ensemble à refaire le monde.
Christelle.
























































